Trek facile dans les Écrins : Le Tour du plateau d’Emparis 

Le tour du plateau d'emparas dans le massif des Ecrins

En cette fin d’été, je cherchais un trek à faire dans le massif des Écrins.Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir cette région des Alpes du Sud. Le massif des Écrins n’est pas aussi connu que celui du Mont-Blanc mais pourtant, il est tout aussi beau. Ici, on trouve des randonnées pour tous les niveaux. Le trek du plateau d’Emparis est destiné à des personnes qui aimeraient s’essayer à la randonnée itinérante pour la première fois, il ne présente aucune difficulté. Le plateau d’Emparis vous offrira de magnifiques paysages tout le long de ces 3 jours de randonnée. Dans cet article, je vous livre mes impressions et toutes les informations pratiques pour refaire ce trek.


Le Massif des Écrins 

Le massif des Écrins se situe à seulement 30 minutes en voiture de Grenoble, il est constitué de 7 vallées : le Briançonnais, le Vallouise, l’Embrunais, le Champsaur, le Valgaudemar, le Valbonnais, l’Oisans. Pour cette randonnée, nous sommes dans la vallée de l’Oisans, entre la Savoie et la Provence. Le glacier blanc est le plus grand glacier des Écrins, il débute en dessous du sommet de la barre qui culmine à 4101 m d’altitude. 

Pour trouver des randonnées à faire dans les écrins et dans l’Oisans, je vous invite à consulter le site du Grand tour des Écrins

la carte du massif des Ecrins

3 jours de randonnée sur le plateau d’Emparis

La fiche randonnée du tour d'Emparis

Accéder à cette randonnée

En voiture : 
Depuis le Bourg d’Oisans, emprunter le D1091 jusqu’au lac du Chambon. Après avoir traversé le barrage prenez la direction de Mizoen et garer votre voiture dans le village. 

En transport en commun : 
De Grenoble : si vous venez de Paris avec un train qui arrive à Grenoble, rendez-vous à la gare routière pour prendre le bus 3030 jusqu’au barrage du Chambon. Ensuite emprunter le GR50 pour rejoindre le village de Mizoen. De Briançon : prenez la ligne LER35, jusqu’au barrage du Chambon, puis suivez le GR50 pour rejoindre le village de Mizoen.

Jour 1 : De Mizoen au refuge des clos 

topographie jour 1 plateau d'emparis

Départ du village de Mizoen 

Après avoir garé ma voiture au village Mizoen j’ai rapidement trouvé les traces du GR50 et 54 que je devais suivre pour ce premier jour. Le GR54 n’est autre que le GR qui fait le tour de l’Oisans, une randonnée itinérante à faire sur 12 jours ou en plusieurs étapes. Le petit village de Mizoen est situé sur les hauteurs du lac du Chambon. Le sentier monte rapidement pour atteindre la route qui mène au hameau de Aymes. Ce petit village, qui compte à peine 20 habitants, possède un charme fou. Au centre, se trouve une petite fontaine où l’on fera une halte pour remplir sa gourde. J’ai pris le temps pour flâner dans les petites ruelles de Aymes et prendre en photo les belles devantures des maisons en pierre. 

l'église du petit village de Mizoen

Le long du lac du Chambon par le sentier schisteux 

Après avoir traversé les petits villages savoyards me voilà lancée sur un sentier qui longe le lac en hauteur, sur les falaises schisteuses. Ces roches noires, qui peuvent être glissantes en cas de pluie, sont extrêmement friables. On peut voir que le sentier a été rafistolé à plusieurs endroits. Cette partie de la randonnée offre la plus belle vue sur le lac du Chambon et sa couleur bleu clair. Au bout d’à peine une heure et demie, on arrive sur un plateau où se trouve le lac Lovitel, à partir de là, il ne reste plus que 30 minutes pour atteindre le refuge des clos. 

Le lac Lovitel et son sentier de découverte 

Le lac Lovitel ressemble plus à un marais qu’à autre chose en été. Ici, se trouve le début du sentier de découverte qui vous permettra d’en apprendre un peu plus sur la faune et la flore des alentours, à ne pas manquer si vous êtes avec des enfants. Le marais est peuplé de crapauds accoucheur, un crapaud que l’on entend dès que l’on s’approche du lac. Des passerelles nous permettent de traverser le lac en observant les insectes comme les libellules ou les papillons qui viennent se poser sur les fleurs sauvages. Lorsqu’on continue le sentier, on arrive à un deuxième panneau. Celui-ci nous apprend le nom des plantes que l’on trouve autour des roches, comme les différentes sortes de joubarbes. 

passerelle sur le lac Lovitel

La table d’orientation et la cascade pétrifiante

Lorsqu’on continu le sentier de découverte, on arrive à la table d’orientation qui domine les alentours, de là, on peut voir le lac du Chambon, mais aussi les glaciers du massif des Ecrins et le refuge des Clos en contrebas. C’est également ici qu’on a le meilleur point de vue sur la cascade pétrifiante. Cette cascade, que je verrais d’un peu plus près le deuxième jour de marche, est très impressionnante. Tout ce qui se trouve autour d’elle a été transformée en roche, d’où son nom de cascade pétrifiante. Depuis le refuge des clos, se trouve un sentier qui mène au pied de la cascade, c’est ici que j’ai trouvé un petit jacuzzi où j’ai pu me rafraîchir. 

Dormir au Refuge des Clos 

Si vous décidez de vous arrêter au refuge des Clos comme je l’ai fait, votre première journée sera courte, et vous pourrez ainsi profiter des alentours. Cependant, si vous avez encore du jus, je vous conseille de continuer votre chemin pour vous arrêter au refuge des Mouterres qui se situe à 3h de là. J’ai été un peu déçu du refuge des Clos, car je m’attendais à retrouver la convivialité que l’on a habituellement dans ce type d’hébergement, mais nous étions seulement deux à dormir ce soir-là. Heureusement, les enfants du gardien étaient là pour donner un peu de vie au refuge. J’ai payé 47 euros pour la nuit en demie-pension, pour la douche, il fallait rajouter 2 euros, donc je m’en suis passée. 

Informations pratiques refuge des clos
Paiement :  carte ou espèce 
Prix demie-pension :  46 euros
Réservation par téléphone :  06 41 66 40 80 ou 04 76 80 03 10

Le site du refuge des clos

Jour 2 :du refuge des Clos au refuge des Mouterres en passant par le plateau d’Emparis 

topographie jour 2 plateau d'Emparis

Du Refuge des Clos à la randonnée du plateau d’Emparis 

C’est ici que se trouve le passage le plus difficile, une montée de 1000 mètres de dénivelé à travers la roche de schiste. La veille, un orage s’était abattu sur la zone et a provoqué de gros ruissellement ainsi que des éboulements le long du chemin. À trois reprises, j’ai dû enjamber une partie du chemin qui s’était effondré, rien de bien méchant, mais il faut être attentif dans ces passages délicats. Après avoir commencé la montée depuis le refuge, on arrive rapidement au sommet de la cascade pétrifiante, que l’on admire cette fois-ci de très près. De nombreux petits ruisseaux jalonnent le sentier, ainsi on peut remplir sa gourde à n’importe quel moment. Au bout de 2 heures de montée, on arrive doucement sur le plateau d’Emparis. Les premières marmottes se font entendre par leur sifflement, elles préviennent leurs copines que le gypaète barbu n’est pas très loin. 

les ruisseaux de la randonnée

Randonner autour des lacs du plateau d’Emparis

Sans conteste la meilleure partie de ce trek de 3 jours, l’arrivée aux lacs de plateau d’Emparis est magistrale. Le lac cristallin est le premier à apparaître, asséché en fin d’été, il était investi par des chercheurs lors de mon passage. Ces derniers se penchaient sur l’histoire de cette zone très fournie en quartz à la période du néolithique. Après ce premier pallier on entame une nouvelle ascension pour atteindre le lac noir. Ici, se trouvait une tente, avec quelqu’un prêt à bivouaquer pour la nuit, il faut dire que c’est le spot parfait. En face de nous, se trouve les plus beaux glaciers du massif des Écrins : la Meije, le Rateau et la Grave. On continue le sentier qui mène ensuite au lac lérié, à mon sens le plus beau des trois lacs. Ici aussi, on imagine très bien planter sa tente pour passer la nuit. 

Le col du Chazelet 

Après avoir fait le tour du plateau d’Emparis en passant par les trois lacs mythiques, je suis redescendue du côté du refuge des Mouterres par le col de Chazelet. À la fin de l’été, les herbes sont jaunes, cramées par le soleil ardent de la haute montagne. Le paysage devant nos yeux pourrait nous faire penser aux steppes mongoles ou bien encore aux reliefs écossais. En cette fin de journée, je suis seule sur le sentier, tout le monde est déjà arrivé à destination ou à son refuge pour le soir. 

les paysages magnifiques du plateau d'Emparis

Dormir au refuge des Mouterres 

Après mon expérience de la veille avec le refuge des clos, j’espérais que nous soyons plus nombreux ce soir-là. Dès mon arrivée, j’ai été chaleureusement accueillie par les deux gardiens du refuge qui m’ont directement proposé d’installer mes affaires dans le dortoir. Ce jour-là, nous étions une dizaine de personnes pour un refuge d’environ 30 places, chacun avait son petit coin et nous avons pu nous étaler un peu plus que d’habitude. Après cette grosse journée de randonnée, j’ai pu me détendre en buvant une des bières brassées non loin d’ici. Après ce petit apéro, le gardien nous a proposé d’observer les chamois cachés dans les barres d’en face, nous en avons vu une vingtaine. Ensuite, l’heure est venue de passer à table et de goûter aux délicieux crozets fait maison, un vrai régal ! À la fin de ce repas convivial où nous avons beaucoup échangé avec les autres randonneurs, le gardien du refuge m’a proposé un verre de génépi que je n’ai pas pu refuser. 

Informations pratiques refuge des mouterres
Nuit en demie pension : 43 euros
Pic-nique : 10 euros
Réservation par téléphone : 06 87 15 70 79
Paiement : espèce ou chèque

Le site du refuge des mouterres

Jour 3 :Du refuge des Mouterres à Mizoen 

Randonnée dans les alpages du plateau d’Emparis avec un Panorama sur les Écrins

La première partie de cette troisième journée est la plus agréable, on traverse les alpages et au loin, on voit les troupeaux de moutons. Le dénivelé est faible, cela permet de profiter au maximum de la vue et des glaciers que l’on observe au loin. J’aime prendre en photo ces doux reliefs recouverts d’herbes dorées par le soleil. J’en profite également pour faire quelques photos de mon équipement. 

lever de soleil sur les alpages du plateau d'Emparis

Les ruines de l’Alpe des Verts 

Après avoir traversé les alpages s’en suis une grande descente, les genoux en prennent un coup, j’avale plus de 600 mètres de dénivelé négatif pour arriver aux ruines de l’Alpe des Verts. Ici, une petite pause s’impose pour un petit casse croûte avant de continuer la deuxième partie de la descente jusqu’à Mizoen. Les paysages sont beaux mais moins époustouflants que sur le plateau d’Emparis. On commence de nouveau à voir le lac du Chambon et son barrage

Du refuge du Chaton à Mizoen 

Après le refuge du chaton on retrouve le même type de sentier que le premier jour de la randonnée. Le chemin est dessiné dans la roche de schiste, friable et glissante. Heureusement qu’il est encore tôt et que le soleil ne tape pas fort, car sur cette partie, il y a peu de sources pour se ravitailler, à la fin de l’été pas mal de cours d’eau sont asséchés. La descente s’en suit avec une partie dans les bois avant de rejoindre le petit village de Singuigneret où une fontaine nous attend. Pour rejoindre Mizoen je reprends le même sentier qu’à l’allée et en seulement 15 minutes, je me retrouve au parking où m’attend ma voiture. 

lac du chambon vu du sentier

Refuge ou bivouac ?

Pour les deux nuits que vous passerez dans les montagnes deux choix s’offrent à vous : refuge ou bivouac. Pour cette fois-ci, j’ai choisi la solution refuge, car plusieurs orages étaient prévus lors de mon tour. C’était un choix judicieux, car le premier soir, les pluies ont été très fortes et ont causé des dommages dans le relief. Cependant, je regrette de ne pas avoir fait le bivouac pour la deuxième nuit au lac noir ou lérié car au final, l’orage est passé à côté.

En refuge : les points positifs du refuge sont que vous serez au sec quoiqu’il arrive. Vous mangerez bien et vous ferez la rencontre d’autres randonneurs toujours très sympathiques. Les points négatifs du refuge sont le prix, plutôt élevé si vous êtes en demie-pension et les potentiels ronflements qui vous empêcherons de fermer l’œil de la nuit. Si vous optez pour le refuge, n’oubliez pas de prendre votre sac à viande ou drap de soie que vous pouvez trouver pour quelques euros chez Décathlon. 

En bivouac : si vous optez pour le bivouac, vous devrez porter les affaires tout le long de la randonnée ce qui vous ajoutera quelques kilos à votre sac. Si vous êtes deux vous pouvez bien répartir ce poids. Vous devrez également penser à emporter avec vous de quoi vous nourrir pour le soir et le matin. Vous serez soumis aux aléas de la météo et pour cela, je vous conseille de bien consulter les bulletins météo avant de vous engager dans un trek. Le gros avantage du bivouac est que vous ne serez pas dérangé par les autres et que vous aurez la nature pour vous tout seul avec souvent de magnifiques coucher et lever de soleil. 

Mon équipement pour un trek de 3 jours : 

  • Sac à dos 38L windactive Lafuma, 139 euros : j’ai opté pour ce sac très compact pour mes 3 jours de trek. C’était la première fois que je l’emmenais avec moi sur une longue distance et je n’ai pas été déçu. Ce sac est très bien pensé au niveau des rangements et des différents accès à l’intérieur du sac. Un 38L, c’est le format parfait pour quelques jours de randonnée avec mon matos photo. J’ai particulièrement apprécié le filet dans le dos qui permettais une aération pendant l’effort, très agréable en été
  • Un tee-shirt mérinos de la gamme Forclaz, 25 euros : ce tee-shirt est devenu mon incontournable pour cet été. Ses nombreuses aérations sont adaptées à l’effort fourni durant une randonnée. De plus, il ne s’imprègne pas de l’odeur de la transpiration, on peut donc le remettre plusieurs jours de suite sans problème. 
  • Le pantalon modulable de Forclaz, 40 euros : parfait pour un trek, lorsque le temps va être variable. J’ai pu tester le pantalon en mode short lorsque j’avais trop chaud. Le matière n’est pas forcément idéal pour les fortes chaleurs, c’est un pantalon que l’on adoptera plutôt en fin de saison lorsque les températures se rafraichissent. 
  • Le short skim Lafuma, 54 euros : ce short très léger est parfait à glisser dans son sac au cas où les températures deviendraient trop chaudes. Sa matière élastique permet une grande flexibilité dans nos mouvements. 
  • Le débardeur Skim Lafuma 29,95 euros  : ce débardeur est parfait pour la randonnée en été. Dans le dos, il possède une aération qui permet d’évacuer latranspiration. De même que le short Lafuma, le débardeur prend peu de place et se glisse facilement dans le sac. 
  • Les chaussures de randonnée Merrell Moab 2 Mid GORE-TEX 145 euros : ces chaussures de randonnée s’adaptent facilement à la forme de votre bien et accusent les chocs tout au long du trek. Leur forme montante permet le maintient de la cheville. Elle possède une membrane GORE-TEX qui les rend imperméables. Pour un premier test, j’ai été ravie de n’avoir aucune ampoule à la fin de ces 3 jours de marche. Merrell est une marque en laquelle je donne toute ma confiance pour sa qualité. 
  • Une gourde Befree filtrante
  • Une pompe filtrante MSR

J’espère que cet article vous aura donné envie de vous lancer dans ce magnifique trek de 3 jours, accessible en train pour un long week-end depuis Paris, Marseille ou Lyon. 

N’hésitez pas à partager cet article avec vos amis et sur les réseaux sociaux. 

À bientôt sur WildRoad ! 

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