
Les hauts plateaux du Vercors me faisaient rêver depuis pas mal de temps. Lorsque les beaux jours ont commencé à pointer le bout de leur nez, j’ai préparé mes affaires pour faire en bivouac en face du mont Aiguille. Je suis partie seule, pour me retrouver dans cette nature sauvage que j’aime tant. Le Vercors est un massif montagneux des Préalpes françaises juste en dessous de Grenoble, réparti sur deux départements : l’Isère et la Drôme. Vous allez voir que vous aurez vite envie de partir découvrir cette région de la France après avoir lu cet article.
Faire un bivouac dans la réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors
Le bivouac dans la réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors est autorisé de 17h à 9h. Cependant, il est absolument interdit de faire du feu, de laisser ses déchets ou d’avoir son chien avec soi. La réserve naturelle est un endroit protégé où de nombreuses espèces d’animaux évoluent.

La faune et la flore ont besoin que vous respectiez les règles afin de la préserver au maximum. Depuis quelques années, grâce à la réintroduction des bouquetins par l’homme, on peut en observer dans le massif. Pendant ma randonnée, j’ai eu la chance de tomber sur plusieurs troupeaux de bouquetins avec des femelles et leurs petits.
Lorsque vous êtes dans la nature, qui plus est dans une réserve naturelle, tous vos actes ont un impact sur l’environnement. Veillez à ce que celui-ci soit minimum, installer votre tente dans un coin où vous ne risquez pas de déranger les animaux.
Quelle est la meilleure période pour faire du camping sauvage dans le Vercors ?
Le Grand Veymont est le sommet le plus haut du Vercors, il culmine à 2341 m d’altitude. Le pas de l’Aiguille, quant à lui avoisine les 1632 m d’altitude, il ne faut pas sous-estimer l’hiver dans le Vercors même si les Écrins sont bien plus enneigés. Je vous conseille de bivouaquer dans le Vercors entre mi-mai et mi-octobre. En dehors de cette période, vous vous exposez à la présence de neige sur les hauts plateaux, cela n’est pas un problème si vous connaissez les risques et que vous avez l’équipement nécessaire. Dans le cas où vous souhaiteriez entreprendre ce bivouac en hiver, je vous invite à lire l’article sur le blog de Trip in Wild.

Le matériel pour bivouaquer dans le parc naturel du Vercors
Voici le matériel que j’ai emporté avec moi pour cette randonnée bivouac au pas de l’Aiguille. Cette liste est à adapter en fonction de la saison à laquelle vous entreprenez cette aventure.
- Un sac à dos 50+10 L de Forclaz
- Un duvet 0 degré de Quechua
- Un matelas gonflable de Forclaz
- Tente 1 place Nemo Hornet
- Une lampe frontale
- Un réchaud jetboil avec une cartouche de gaz et des couverts
- Une couverture de survie
- Une trousse de secours
- Des vêtements en laine merinos pour la nuit
- Un téléphone et une batterie externe
- Des chaussures de randonnée Merrell
Téléchargez ma check-list pour préparer votre bivouac.
Randonnée et bivouac au pas de l’Aiguille dans le Vercors
Difficulté : Moyen
Distance : 8 km
Durée : 4 heures
Dénivelé : D+ 600 m
Départ de la randonnée depuis Chichilianne au pied du mont Aiguille
Pour faire la randonnée du pas de l’Aiguille, vous devez vous rendre dans le petit village de Chichilianne qui se trouve au pied du mont Aiguille. Continuez jusqu’au parking de Richardière, de là, vous pouvez emprunter une voie carrossable qui vous permet de vous approcher encore un peu du pas de l’Aiguille, ce qui vous permettra d’économiser entre 30 et 45 minutes de marche. En été, cette randonnée est très fréquentée, il se peut que les parkings les plus proches soient complets et que vous deviez vous garer un peu plus loin.

La montée vers le pas de l’Aiguille dans les hauts plateaux du Vercors
J’ai garé ma voiture à 20 minutes du parking le plus proche, j’ai donc un peu marché dans la plaine, ce qui était loin d’être désagréable. Pour un bivouac je choisis toujours de partir un peu plus tard dans la journée, environ 4 heures avant le coucher du soleil, afin de ne pas croiser trop de monde et d’éviter les grosses chaleurs en été.
Dès le début de cette randonnée, les paysages sont à couper le souffle. Les hauts plateaux du Vercors s’offrent à nous dans toute leur splendeur. La montée au pas de l’Aiguille se fait en 2h30, elle débute doucement dans la forêt pour ensuite s’intensifier au niveau des pierriers. Avec mon gros sac, j’ai pris tout mon temps pour monter et en cette fin de journée, j’avais le sentier pour moi toute seule.

Au ¾ de la montée, j’ai entendu des pierres tomber, j’ai regardé autour de moi et j’ai vu tout un troupeau de bouquetins, des jeunes de quelques mois et des femelles. J’étais encerclée d’animaux sauvages, malheureusement, j’avais fait le choix de ne pas prendre le téléobjectif afin d’alléger mon sac, je dois dire que je l’ai un peu regretté. Je suis restée là quelques minutes à les observer, sans m’en approcher afin de ne pas les déranger.

Arrivée au pas de l’Aiguille et au refuge de Chamailloux
Mon arrivée au pas de l’Aiguille était digne d’un livre à la Cheryl Strayed. J’avançais un milieu au pâturage avec la lumière de fin de journée et je scrutais tous les reliefs afin de décider de mon emplacement pour la tente. Au milieu de celui-ci, se trouvaient un réservoir d’eau ainsi qu’un âne.


Après avoir passé le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale, j’ai continué à marcher en direction du refuge de Chaumailloux car je voyais le poêle cracher de la fumée. Pendant que je prenais des photos de cette petite cabane, un randonneur en est sorti pour chercher du bois et nous avons commencé une conversation. Je lui ai demandé s’il connaissait les lieux et s’il avait un coin à me conseiller pour planter ma tente. C’est là qu’il m’a indiqué un endroit un peu plus loin sur les falaises à gauche du mont Aiguille. Pour y arriver, il fallait encore un peu marcher, j’ai donc remis mon sac sur le dos en pressant le pas afin d’avoir le temps de planter ma tente avant la golden hour.

Le refuge de Chaumailloux est non gardé. Il peut accueillir jusqu’à 19 personnes pour la nuit. Si vous ne souhaitez pas planter la tente, vous pouvez seulement prévoir votre duvet pour dormir ici bien au chaud. Cependant en été ou pendant les vacances, les places sont vite prises.
Installation de mon bivouac face au mont Aiguille dans le Vercors
D’après les indications de ce randonneur averti, j’ai continué à suivre le sentier mal indiqué, qui longeait la falaise. Le vent s’était levé et je devais trouver un endroit un peu à l’abri afin de m’assurer une nuit tranquille. J’ai marché 30 minutes avant de trouver l’endroit parfait. Il n’y avait pas vraiment un endroit plat pour poser la tente, j’ai donc installé la mienne dans une sorte de petite cuvette qui me protégeait des rafales de vent. Bien sûr, j’ai choisi un spot qui avait une magnifique vue sur le mont Aiguille. J’ai rapidement installé ma tente et fait à manger avant que les dernières lumières de la journée disparaissent.

Durant la nuit le vent s’est calmé et vers 3 heures du matin le silence régnait sur les hauts plateaux du Vercors. Je suis sortie de la tente en pleine nuit afin d’observer le ciel rempli d’étoiles et traversé par la voie lactée.


Vers 5h45 en mai, le soleil se lève juste à droite du mont Aiguille, on peut voir parfaitement le massif des Écrins, et même celui du Mercantour. J’ai pu immortaliser cette aventure à l’aide de mon appareil photo et de mon trépied. Seule face à tant de beauté, on se dit qu’on est bien bête d’habiter en ville. La nature a de belles choses à offrir si on est respectueux envers elle. J’ai eu la chance de faire ce bivouac en dehors des mois de juillet et août, car le pas de l’Aiguille est très connu et j’aurais été moins seule si j’étais venue en haute saison.
Retour par l’alpage du pas de l’Aiguille et la grotte de la 2nd Guerre mondiale
Il est 8h et je reprends déjà la route du retour, pour cela, je reprends le même chemin qu’à l’allée en veillant à ne pas me perdre dans les petites collines des hauts plateaux. Rapidement, j’arrive au niveau de l’alpage et je décide de prendre un peu de hauteur afin de faire quelques photos de l’endroit. Le lieu est rempli d’une forme de sérénité qui m’envahit, je reste là une bonne heure à regarder le tableau qui se dessine devant moi. Le mont Aiguille, fier, se dresse au milieu du paysage. C’est sûrement l’un des endroits les plus beaux de la région. Puis, deux randonneurs s’incrustent dans le paysage, donnant ainsi une échelle humaine à l’intérieur de mes photos.

Après cette parenthèse photographique, je redescends au niveau du chalet d’alpage et je vais à la rencontre des randonneurs. Ils m’indiquent l’existence d’une grotte où des soldats français se seraient réfugiés durant la 2nd Guerre mondiale. Nous finissons par trouver ensemble cette grotte où les brûlures des armes à feu sur la pierre sont encore présentes. Deux autres randonneurs qui cherchaient aussi cette grotte nous racontent son histoire. Les soldats français auraient trouvé la mort ici face à l’armée allemande, et c’est pour cette raison qu’il y a une croix au col ainsi qu’un monument aux morts.


Nouvelle rencontre avec des bouquetins du Vercors dans la descente
J’entame la descente vers le parking aux alentours de 9 h. Au même endroit qu’à l’aller, je retrouve un troupeau de bouquetins, on dirait que je suis sur leur territoire. À la descente, je croise quelques personnes qui se sont levées tôt pour venir faire cette randonnée mythique. Avec mon sac de bivouac, la descente fait un peu mal aux genoux, mais lorsque j’arrive à ma voiture je suis triste de déjà quitté le Vercors. Avant de laisser les Hauts Plateaux du Vercors, je me suis arrêtée à la laiterie du mont Aiguille à Chichilianne pour ramener avec moi de fromage de Triève typique de la région.

Ce récit de bivouac en solo dans le Vercors est terminé, j’espère que vous aura donné envie d’explorer la région. Si vous cherchez d’autres idées de bivouac, je vous invite à lire mon article sur mon bivouac dans le massif du Taillefer dans les Écrins.
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