3 jours sur le Chemin de Stevenson autour du Mont Lozère

3 jours de randonnées sur le chemin de Stevenson autour du Mont Lozère. crédit photo : Clara Ferrand - blog WIldroad

À la fin de l’été, je me suis lancée sur une petite partie du Chemin de Stevenson. Du Bleymard à Florac, j’ai réalisé 3 étapes du GR70 dans le cœur du parc National des Cévennes. Équipée de mon matériel de bivouac et de nourriture me permettant d’être autonome, j’ai vécu un séjour immergé en nature dans l’un des départements les moins peuplés de France.


L’histoire du GR70 avec Robert Stevenson et son âne
À qui s’adresse la randonnée itinérante du GR70 ?
Quelle est la meilleure période pour faire le chemin de Stevenson ? 
Randonner en autonomie dans le parc national des Cévennes
S’approvisionner dans les petits villages de la Lozère
Trouver de l’eau potable sur le GR70 côté Mont Lozère
Bivouaquer autour du Chemin de Stevenson
Accessibilité en transport en commun des randonnées en Lozère
Que prendre dans son sac à dos pour randonner en itinérance

Mon récit de 3 jours de randonnée dans les Cévennes sur le GR70 :
– Jour 1 : Du Bleymard à Finiel en passant par le sommet du Mont Lozère – 17 km / 4h
– Jour 2 : De Finiels à la cabane de Mijavol – 22 Km / 5h30
– Jour 3 : De Mijavol à Florac – 15 km / 3h30

Que faire autour de Florac après 3 jours dans les Cévennes 
Visiter la fabrique familiale de jean de Tuffery
Comprendre les paysages à la maison du site de l’UNESCO
Se balader autour de la Cham des Bondons entre les menhirs

Topo pour randonner 3 jours dans les Cévennes autour du Mont-Lozère. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

L’histoire du GR70 avec Robert Stevenson et son âne

Après une rupture amoureuse, Robert Louis Stevenson décide de partir à pied du Monastier-sur-Gazeille, accompagné de son ânesse Modestine. Cette dernière est chargée de tout ce qu’il faut pour la réalisation de cette expédition de 12 jours, car à l’époque le ravitaillement est plus compliqué. Stevenson est un écrivain écossais, qui relatera cette aventure dans un roman à succès paru en juin 1879. Depuis, le chemin qu’il a emprunté est devenu le GR70 dont le tracé à subit quelques modifications. Parmi nos plus beaux GR de France, ce sentier bénéficie d’une grande popularité grâce à de nombreuses références à ce chemin dans des films français, mais aussi pour les magnifiques paysages du parc national des Cévennes qu’il traverse.

Les étapes du chemin de Stevenson 

Départ : Le Puy-en-Velay
Arrivée : Alès
Distance : 276 km 
Nombre d’étape : 12 étapes d’environ 20 à 25km
Niveau : Moyen

À qui s’adresse la randonnée itinérante du GR70 ? 

Ce sentier de grande randonnée ne présente pas de grosse difficulté, il vous permettra de mesurer votre endurance. Il est idéal pour une première expérience en itinérance en dormant en refuge ou en bivouac. Chaque année, un grand nombre de personnes de tout âge se lance sur le GR70, car c’est un chemin tranquille, réputé pour ses panoramas accessibles. Si vous souhaitez un peu plus de challenge, vous pouvez également le réaliser en trail, en doublant les étapes.

Quel niveau physique pour faire le chemin de Stevenson GR70. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Quelle est la meilleure période pour faire le chemin de Stevenson ?

De mai à juin et de septembre à octobre sont les meilleures périodes pour se lancer sur le chemin de Stevenson. Les mois d’été sont à éviter en raison des fortes chaleurs présentes dans le sud. Les dernières étapes du GR70 traversent un terrain plus aride, où l’eau et les zones ombragées sont plus rares. En hiver, les Monts Lozère peuvent être recouverts par des chutes de neige imprévisibles, et des épisodes cévenols sont possibles à toutes les saisons même s’ils sont plus intenses au début du printemps.

Faire une randonnée de 3 jours autour du Mont-Lozère quelle est la bonne période. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Randonner en autonomie dans le parc national des Cévennes

La randonnée en autonomie, consiste à prendre dans son sac à dos, tout ce qui est nécessaire pour sa randonnée itinérante : matériel pour dormir, nourriture, eau… Le chemin de Stevenson se prête bien à une première expérience de ce type, car il traverse plusieurs villages où il est possible de se ravitailler. 

S’approvisionner dans les petits villages de la Lozère

Toutes les étapes du chemin de Stevenson terminent dans un village où vous trouverez des commerces, ainsi qu’une source d’eau potable. Il n’est donc pas nécessaire de vous charger dès le départ de toute la nourriture pour les 12 jours de randonnée qui vous attendent. Pensez toutefois à prendre du liquide, car certains commerces locaux ne sont pas équipés de terminaux de paiement. Vous pourrez toujours prévoir quelques repas lyophilisés et ainsi varier votre alimentation. 

Quelques produits locaux à goûter dans les Cévennes : 

  • Le pélardon : un fromage de chèvre au lait cru, sous AOC et AOP.
  • Des produits à base de châtaignes
  • L’agneau de Lozère 
  • La pomme reinette du Vigan 
  • Le bœuf fermier d’Aubrac 

Trouver de l’eau potable sur le GR70 côté Mont Lozère

Lorsqu’on bivouac, il est important de repérer les points d’eau pour s’installer à côté. Sur la carte IGN 2739 OT qui couvre les étapes du Mont Lozère à Florac, j’ai pu repérer les sources signalées par un point bleu. Cependant, l’été fût marqué par la sécheresse, de ce fait en septembre certaines sources étaient taries. Après une petite frayeur pour notre premier bivouac, nous avons finalement trouvé une petite source cachée dans les broussailles, j’ai voulu prendre des précautions pour notre troisième étape en remplissant au maximum toutes nos gourdes dans un ruisseau à la fin du deuxième jour. Heureusement, nous avions assez de gourdes pour avoir de l’eau sur plusieurs jours (2 à 3L/personne). 

Il faut également prendre en compte que notre consommation d’eau varie selon la météo. Plus il fait chaud, plus nous consommons de l’eau. De la même manière, si nous fournissons un effort plus intense avec un dénivelé élevé, nous allons boire plus que si nous évoluons sur un chemin plat. Tous ces paramètres sont à prendre en compte pour une bonne gestion de l’eau

Pour le chemin de Stevenson, j’étais équipée d’une gourde filtrante Lifestraw, qui permet de filtrer les bactéries. J’avais également prévu un réservoir MSR, pour cuisiner et boire le thé sans se soucier du manque d’eau. 

Bivouaquer autour du Chemin de Stevenson

Le bivouac en France est soumis à des règles que tout a chacun est tenu de connaître : 

  • Installer son campement à 19h et l’avoir rangé avant 9h
  • Ne pas laisser de trace de son passage, prendre une petite poubelle pour ramasser ses déchets
  • Ne pas faire de feu de camp 
  • Ne pas s’installer sur une parcelle privée, qui plus est lorsqu’elle est occupée par un troupeau 
  • Respecter la tranquillité des lieux 

Le bivouac est autorisé autour du chemin de Stevenson, dans un rayon de 150 m. Grâce à cette dérogation, il est possible de planter sa tente dans le parc national des Cévennes, uniquement dans ce périmètre. 

L'équipement de bivouac à prendre pour faire le Chemin de Stevenson. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Accessibilité en transport en commun des randonnées en Lozère

Si vous débutez le Chemin de Stevenson du Puy-en-Velay et que vous le terminez à Alès, alors vous pouvez prendre le train au départ et à l’arrivée de ces villes. Dans le cas où vous souhaiteriez ne faire qu’une partie du sentier, tout comme moi, l’accès sera plus compliqué et nécessitera de faire appel à un taxi ou de lever le pouce. 

COmment se rendre en Lozère pour une randonnée itinérante. crédit photo : Clara Ferrand - blog WIldroad

Que prendre dans son sac à dos pour randonner en itinérance 

Lors d’une randonnée en itinérance, le poids du sac à dos a toute son importance. Selon votre gabarit, vous ne devrez pas dépasser 15 à 20% de votre propre poids. C’est-à-dire entre 10 et 15 kg en moyenne. Au plus votre sac sera léger, au plus vous pourrez profiter sereinement de votre aventure. 

Si vous portez un poids trop lourd pour vous, alors le risque de blessure augmente, surtout au niveau des genoux qui supportent tout. Le choix du sac a également son importance, un 50 L sera suffisant pour une itinérance en bivouac. Réglez bien votre sac, pour que celui-ci repose sur vos hanches et non sur vos épaules. 

Pour ma part, j’ai essayé plusieurs sacs à dos avant de trouver le modèle EJA 48L de Osprey qui me convient parfaitement. 

Le matériel de bivouac

Voici le matériel que j’ai emporté avec moi pour bivouaquer sur le chemin de Stevenson au mois de septembre. 

  • Une tente MSR Hubba Hubba NX
  • Un matelas Therm-a-rest Prolite plus, R value 3,2
  • Un duvet Big Agnes mystic UL 15, T° confort -3
  • Un coussin gonflable Seatosummit 
  • Un réchaud Jetboil flash et une cartouche de gaz 
  • Des assiettes rétractables Seatosummit
  • Un kit pic-nic+ Opinel 
  • Une serviette microfibre Seatosummit
  • Une lampe frontale 
  • Un kit de premier secours ( désinfectant, pansements, compresses, sparadrap, pince à épilée, petits ciseaux…) 
  • Du papier toilette
  • Un sac-poubelle de 15L
  • Un briquet 

Un duvet de T° 0 degré de confort aurais été suffisant pour cette aventure, mais j’ai préféré jouer la sûreté étant donné que je suis de nature frileuse. Pour le reste, je ne regrette pas mes choix qui m’ont permis d’avoir de la place pour prendre mon matériel photo. 

Quel équipement pour faire un bivouac sur le chemin de Stevenson dans les Cévennes. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Les vêtements pour 3 jours de randonnée 

  • Un tee-shirt en laine mérinos
  • Un pantalon léger green label de Vaude
  • Des sous-vêtements de rechange
  • 2 paires de chaussettes en laine mérinos 
  • Une casquette 
  • Une paire de lunettes de soleil
  • Une paire de chaussures Moab speed de Merrell 
  • Une veste de pluie
  • Une doudoune 

Mon récit de 3 jours de randonnée dans les Cévennes sur le GR70 

Durée : 2, 5 jours 
Niveau : Moyen
Distance : 46 km
Dénivelé : 1449 m D+ / 2083 m D-
Départ : Le Bleymard
Arrivée : Florac 
Type : Aller simple 

C’est au début du mois de septembre, alors que la météo était instable, que je me suis lancée avec Audrey, une talentueuse photographe, sur le chemin de Stevenson. De mon côté, j’avais déjà expérimenté de partir sur 3 jours en autonomie, notamment sur le GR3 dans le Forez, mais c’était une première expérience pour Audrey. Nous étions ravies de pouvoir découvrir les alentours du Mont Lozère, en prenant le temps de photographier les ambiances dessinées par une météo capricieuse. 

Jour 1 : Du Bleymard à Finiel en passant par le sommet du Mont Lozère – 17 km / 4h

Nous avons rejoint le Bleymard en taxi, après avoir déposé notre voiture à Florac que nous retrouverons à notre arrivée. 

Première nuit au Bleymard avant de débuter le GR70

Avant de nous lancer sur le GR70, nous avons passé une bonne nuit reposante dans les chambres d’hôte de Loz’Air située au-dessus du Bleymard, dans le hameau des Alpiers. À table, autour d’une généreuse croziflette, nous avons pu échanger avec des randonneurs qui avaient déjà commencé à randonner sur les étapes en amont. Nos hôtes, nous ont également prodigué quelques bons conseils pour trouver les meilleurs spots de bivouac. 

Hébergement au dessus du Bleymard dans les chambres d'hôte Loz'air. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad
Logement insolite sur le GR70 chez Loz’air

Dans ce havre de paix, Claude et Myriam nous accueillent chaleureusement. Avec Loz’air, ils proposent différents types d’hébergement, de la cabane perchée pour un week-end en amoureux, à la nuit insolite en tipi. J’ai dormi dans une de leur confortable chambre d’hôte, décorée avec goût. Au petit matin, nous avons eu droit à un gargantuesque petit-déjeuner avec de nombreux produits locaux. De quoi bien nous mettre en jambe pour ces 3 jours d’aventure. 

Informations pratiques pour les chambres d'hôte Loz'Air 
Adresse : Loz’Air, Lieu-dit les Alpiers, 48190 Cubières

Tarifs : 

96 euros pour une chambre double

280 euros en cabane perchée avec spa pour 2 personnes

30 euros/personne pour une nuit en tipi 


Pour programmer votre séjour à Loz’Air, rendez-vous sur le site internet. 

Le village du Bleymard et les randonneurs du chemin de Stevenson

Dès nos premiers kilomètres sur le GR70, nous avons de suite senti une ambiance conviviale entre randonneurs. Dans le village de Bleymard, nous avons croisé des regards d’encouragement et des petits mots laissés par ceux qui étaient là avant nous. Sur ce sentier, ce n’est pas l’effort physique qui prime, mais bien l’expérience du chemin en itinérance qui invite au partage. 

Rapidement, on quitte ce village aux toits en lauze, pour se diriger vers la station de ski du Bleymard. Ici, se trouve une auberge qui permet de se ravitailler et de manger une bonne tarte aux myrtilles. Le brouillard commence à pointer le bout de son nez, nous devenons donc être plus vigilantes afin de bien suivre les nombreux panneaux d’indication. 

L’ascension du Mont Lozère par mauvais temps 

Le Mont Lozère est réputé pour ses nappes de brouillard épais. Il n’est pas rare que des randonneurs s’égarent autour du sommet, car ils sont dans l’incapacité de se repérer. 
Nous suivons méticuleusement les drailles, des chemins dessinés par le passage des troupeaux. Pour nous aider, nous comptons aussi sur les montjoies, des grandes pierres qui se dressent le long du sentier. 

Le brouillard du Mont Lozère sur le GR70. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Le soleil n’est pas loin, et pourtant notre visibilité ne va pas au-delà de 3 mètres devant nous. Un panneau indique à une intersection de suivre un autre chemin en cas de visibilité très faible, mais nous décidons de continuer pour atteindre le point culminant du Mont Lozère, le pic de Finiels à 1699 m d’altitude. Nous tombons sur plusieurs tables d’orientation permettant de nous projeter dans les paysages que nous aurions pu observer si la météo avait été clémente. 

S’il y a bien une chose que nous ne pouvons pas maîtriser, ce sont les éléments naturels ! Alors nous faisons avec, et nous redescendons en direction de Finiels. Dans la forêt, nous croisons plusieurs groupes de randonneurs, dont trois trentenaires venus faire le GR70 entre copains

Brouillard au sommet de Finiels sur les mont-Lozère. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad
Le pic de Finiels

À la recherche d’un point d’eau après un été de sécheresse

Un peu plus bas, nous tombons sur une petite cabane en pierre, à côté de laquelle se trouve une source que j’avais repérée sur la carte IGN en amont. Or, j’ai la mauvaise surprise de trouver cette source asséchée, avec des déchets humains dans son lit. Alors que nous nous rapprochons de notre spot de bivouac présumé, je sais que je ne peux pas me fier à la carte IGN. Au cas où je ne trouverais pas de point d’eau, il me reste la solution de descendre au village de Finiels où se trouve une fontaine. 

Mon point de bivouac étant dans les hauteurs, je vais à la recherche de mon plan B, une petite source cachée dans les broussailles, invisible de loin. Je l’ai repéré grâce au bruit de l’eau et à la végétation verdoyante. Nous remplissons finalement nos gourdes afin de pouvoir passer un bivouac serein.

Installation du bivouac autour du sentier dans les hauteurs de Finiels

Pour des raisons qui me paraissent évidentes, je ne divulguerais pas le point exact de mon bivouac afin que cette zone ne devienne pas un camping à ciel ouvert. À chacun de chercher un endroit dans les 150 m autour du sentier pour installer son campement. Nous étions un peu en avance sur l’heure autorisée pour planter les tentes, alors nous avons déposé nos sacs à dos à l’abri des regards pour explorer les environs. 

Bivouac sur le chemin de Stevenson autour des monts Lozère. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

La Lozère s’est offerte à nous ce soir-là sous une lumière dorée, les gros rochers paraissaient être tombés du ciel. Nous pouvions voir tous les environs très nettement. Après avoir installé la tente, nous avons essuyé notre premier épisode cévenol, une vraie grosse pluie qui rince tout sur son passage. Autour de nous le ciel s’était chargé, ce qui nous a valu l’un des plus beaux coucher de soleil de ma carrière de bivouaqueuse !

Nous ne savions plus où regarder car d’un côté nous avions un arc-en-ciel, de l’autre des rayons perçants, ou encore des nuages dans un dégradé de roses magnifique. En tant que photographe, nous nous sommes régalées. 

Une nuit sous les orages dans le parc National des Cévennes

Après avoir profité d’une accalmie pour déguster mes succulentes pâtes au pesto, nous nous sommes mis à l’abri dans la tente. La nuit est arrivée et avec elle les premiers éclairs. Tout autour de nous les orages menaçaient, nous les voyons tournoyer autour des Cévennes, tantôt au nord, tantôt au sud. Dans ces cas-là, je me tiens toujours prête à aller me mettre à l’abri, mais tant que l’orage ne se rapprochait pas, nous étions mieux au sec dans la tente. 

La reserve international de ciel étoilé des Cévennes. crédit photo : Clara Ferrand - blog WIldroad

Dans la nuit, le ciel s’est dégagé, nous avons pu observer les étoiles et réaliser des photos de la Réserve internationale de ciel étoilé. Ici, nous sommes loin de toutes les grandes villes qui polluent le ciel avec les lumières artificielles. Isolées de tout, mais si proche de la nature. 

Jour 2 : De Finiels à la cabane de Mijavol – 22 Km / 5h30 

Le village de Finiels et sa fontaine

Après notre bivouac, nous avions un peu de vaisselle à faire, alors nous nous sommes arrêtées à la fontaine du petit village de Finiels. Un petit débarbouillage et nous voilà d’attaque pour cette deuxième journée sur le chemin de Stevenson. 

Le village de Finiels sur le Chemin de Stevenson. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Nous avons pris le temps de nous balader dans les quelques ruelles qui abritent des gîtes et d’autres hébergements accueillant les randonneurs. Un garage a même été transformé en salle d’accueil par un habitant afin d’offrir un endroit sec, à l’abris des épisodes cévenols. 

la fontaine dans le village de Finiels sur le GR70. crédit photo : Clara Ferrand - blog WIldroad

Randonner à travers les chaos rocheux de la Lozère

Entre Finiels et le Pont-de-Montvert, nous avons suivi des drailles à travers les chaos rocheux. Les paysages sont façonnés par l’agro-pastoralisme, qui vaut aux Cévennes d’être classées au patrimoine mondial de l’UNESCO

Les chaos rocheux du chemin de Stevenson sur l'étape mont Lozère. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

L’arrivée au Pont-de-Monvert se fait en surplomb, ce qui donne un joli point de vue sur ce village en plein cœur de la Lozère. La descente jusqu’au village est caillouteuse, ce qui met à mal nos genoux surtout avec les gros sacs sur le dos. Heureusement, nous avons les bâtons pour nous soulager.

Étape du GR70 au pont-de-Montvert dans les Cévennes. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

L’auberge des Cévennes dans le village du Pont-de-Montvert

Le Pont-de-Montvert est le village où s’arrête pour la nuit les randonneurs qui font l’étape depuis le Bleymard. De notre côté, nous avions bivouaquer dans les hauteurs de Finiels, soit 5 km avant. Nous sommes arrivées au Pont-de-Monvert pour le déjeuner. 

C’est à l’auberge des Cévennes, fraîchement rénovée, que nous avons pu nous restaurer. On doit la réouverture de cette adresse mythique, où séjourna Louis Robert Stevenson, à Eva Pulcinelli. Cette entrepreneuse visionnaire a fait de cet endroit, un cocon en plein milieu des Cévennes. Une ode au voyage, qui se caractérise par des chambres rendant hommage aux plus grands explorateurs avec un espace commun truffé de livres d’aventures

Hébergement au Pont-de-Montvert : l'auberge des Cévennes. crédit photo : Clara Ferrand - blog WIldroad
Informations pratiques pour séjourner à l'auberge des Cévennes 
Adresse : Auberge des Cévennes, La Placette, 48220 – Le Pont de Montvert

Chambre simple – à partir de 63 euros

Chambre double cabine – à partir de 68 euros

Chambre double standard – à partir de 72 euros

Chambre tribu – 130 euros pour 5 personnes 


Ouverture : avril à octobre 


Possibilité de commander un panier pique-nique pour 11 euros 

Toutes les informations pour réserver votre séjour sur le site internet de l’auberge des Cévennes. 

La Cham de l’Hermet et ses fermes traditionnelles 

Après cette pause salvatrice à la ville de Pont-de-Monvert, nous prenons la direction de la montagne de Bougès. Une montée 300 mètres de dénivelé nous remet en jambes, pour finir à la Cham de l’Hermet où se trouve un magnifique hameau avec de vieilles fermes traditionnelles en granit. Au loin j’aperçois les Bondons, ces mamelons qui sortent de terre, que nous irons découvrir après cette aventure. 

La cham de l'hermet au dessus du Pont-de-Montvert. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

D’un côté du chemin, nous trouvons des colonnes de pierres qui tiennent en équilibre, sans savoir si c’est l’œuvre de randonneurs ou si elles étaient là bien avant. 

Les pierres en équilibre à la Cham de l'hermet dans les Cévennes. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Nous redescendons ensuite en direction d’un ruisseau où nous remplissons les gourdes ainsi que le réservoir. Peu avant, nous avons croisé des randonneurs qui nous ont prévenus du manque d’eau dans la montagne du Bougès à Florac. Or, nous avons prévu de dormir juste après la montagne, dans une petite cabane. Je décide de ne prendre aucun risque, bien qu’il nous reste encore une bonne montée avant d’arriver. 

L’ascension jusqu’au signal de la montagne du Bougès

Chargées de toute l’eau nécessaire pour notre bivouac et la journée du lendemain, nous entamons notre dernière grosse montée. Audrey s’est dévouée pour porter le réservoir de 3 L d’eau, elle fait preuve de beaucoup de courage. Nous arrivons, non sans mal, au niveau du signal du Bougès où un beau panorama nous récompense. Au sommet le vent souffle fort, nous décidons de ne pas nous attarder et de redescendre en direction de Mijavol pour rejoindre la cabane où nous passerons la nuit

Le signal de bouges dans les Cévennes. crédit photo : Clara Ferrand - blog WIldroad
Randonnée de chemin de Stevenson, le signal de Bougès étape en Lozère. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad

Notre nuit dans une cabane partagée avec des randonneurs

Posée sur la montagne comme un élément essentiel du paysage, notre petite cabane est déjà occupée par deux autres randonneurs à notre arrivée. C’est le jeu des cabanes non-gardées, il faut savoir partager et cela donne aussi l’occasion de faire de belles rencontres

Dormir dans une cabane au dessus de mijavol sur le GR7°0. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad
La cabane au dessus de Mijavol

Nous échangeons avec un charmant couple avec qui nous troquons de l’eau contre du fromage. Le réservoir d’eau de pluie à l’arrière de la cabane, nous offre un brin de toilette inespéré après cette journée d’effort. 

Le coucher de soleil est encore une fois spectaculaire. La lumière perce à travers les lourds nuages présageant un nouvel orage. Au fond, on voit la vallée du Tarn baignée dans un halo divin. Après avoir installé notre couchage à même le sol, nous sombrons dans un profond sommeil. Un peu plus tard dans la nuit, nous sommes réveillées par un orage très violent. Cette fois-ci, nous ne craignons rien entre les murs de cette cabane qui nous tient au sec. 

Quelques heures plus tard alors que le ciel s’est apaisé, je sors pour le contempler. Il est de nouveau rempli d’étoiles. La lune s’est invitée, elle éclaire la cabane comme en plein jour. 

Jour 3 : De Mijavol à Florac – 15 km / 3h30

Réveil au paradis dans les hauteurs de Mijavol 

Au petit matin, la cabane attrape la lumière dorée. Nous prenons le temps de regarder le chemin sur la carte IGN avant d’empaqueter toutes nos affaires dans nos sacs à dos. J’ai eu un vrai coup de cœur pour cet endroit, il existe peu de cabanes si bien entretenues en France et j’espère que celle-ci le restera encore un bon moment. Nous avons pris soin de ranger et passer un coup de balai à l’intérieur, afin que les prochains randonneurs ressentent le même accueil chaleureux. 

Descente à travers la forêt de Mijavol 

La descente à travers la forêt de Mijavol nous fait vivre nos derniers instants dans cette nature protégée du parc national des Cévennes. Bientôt, nous serons de retour à la civilisation. Mais avant cela, nous croisons quelques randonneurs qui font le chemin de Stevenson en sens inverse, après tout il n’y a pas qu’une seule manière de le pratiquer. Au détour du chemin, nous tombons sur une petite cabane en pierre, bien moins accueillante que notre cabane de la veille, mais tout à fait charmante de l’extérieur. 

La forêt de mijavol avant d'arriver à l'étape de Florac sur le GR70. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad
La caben ene pierre en direction de Florac sur le GR70. crédit photo :Clara Ferrand - blog Wildroad

Les derniers kilomètres dans le parc national des Cévennes avant l’arrivée à Florac 

Nous voici sur les derniers kilomètres de notre micro-aventure. Alors que mon corps commence à ressentir l’effort dû au portage du sac à dos avec tout le matériel de bivouac, je suis triste de voir l’arrivée se dessiner

Il s’est passé tellement de beaux moments pendant ces trois jours, que j’ai l’impression d’avoir pris le départ il y a une semaine. Vivre dehors, c’est se donner l’occasion d’observer la nature et de ressentir les éléments. 

Visiter le village de Florac au coeur des Cévennes. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad
Le village de Florac-les-trois-rivières

Après quelques heures de marche, nous arrivons pour le déjeuner à Florac. Notre chambre à l’hôtel des Gorges du Tarn nous attend. Après une bonne douche, nous enfilons nos habits de citadines pour visiter la ville. 

Hébergement à Florac sur le GR7° : l'hôtel des gorges du Tarn. crédit photo : Clara Ferrand - blog Wildroad
L’hôtel des Gorges du Tarn à Florac
Informations pratiques pour séjourner à l'hôtel des Gorges du Tarn
Adresse : hôtel des Gorges du Tarn, 48 rue du Pêcher, 48400 Florac-Trois-Rivières
Tarifs : à partir de 75 euros pour une chambre double 

Restaurant : L’adonis, est une bonne table située à l’intérieur de l’hôtel. 
Vous pouvez réserver pour le dîner ou le déjeuner directement auprès de la réception. 


Réservation sur le site internet de l’hôtel de Gorges du Tarn 

Que faire autour de Florac après 3 jours dans les Cévennes

Visiter la fabrique familiale de jean de Tuffery

Située dans la zone commerciale de Florac, la fabrique de jean Tuffery est une institution. Tout lozérien qui se respecte, possède au moins un pantalon Tuffery made in Lozère. Alors qu’il y a quelques années l’atelier aurait pu disparaître faute de main d’œuvre formée, Julien, l’hérité du savoir-faire Tuffery, s’est atteler à renouveler son image et à recruter du personnel qu’il forme à l’excellence. 

Dans le milieu de la mode où tout est éphémère, les jeans lozériens sont une référence en matière de circuit court et donc de choix éco-responsable. Lorsque vous achetez un jean, que ce soit en ligne ou dans la boutique de Florac, vous pourrez bénéficier d’un service après-vente à vie. 

  • Adresse : Atelier Tuffery, Z.A. de Saint-Julien du Gourg, 48400 Florac-Trois-Rivières

Comprendre les paysages à la maison du site de l’UNESCO 

La maison du site de l’UNESCO est un endroit qui permet de se cultiver et d’en apprendre un peu plus sur la classification des Causses et Cévennes au patrimoine Mondial de l’UNESCO. Grâce à des vidéos et à des ateliers ludiques, le visiteur intègre l’importance de l’activité agro-pastorale méditerranéenne comme identité unique du territoire des Causses et Cévennes.

  • Adresse : la Maison du site Unesco « Causses et Cévennes », 23 quater, avenue Jean Monestier,4840, Florac Trois Rivières

Se balader autour de la Cham des Bondons entre les menhirs

La Cham des Bondons est un endroit unique, à voir absolument lors de votre visite en Lozère. Entouré de beaucoup de légendes, on peut découvrir le site en s’aventurant sur l’un des sentiers de randonnée qui parcourt le plateau jusqu’aux Puechs. On dénombre 150 menhirs, allant jusqu’à 2,50 mètres. 

Que voir en Lozère : la cham des Bondons lieu insolite. crédit photo : Clara Ferrand - blog WIldroad
Les Bondons

Si cette aventure vous a donné envie de découvrir la région, je vous invite à lire mon article sur les 10 activités à faire dans les Gorges du Tarn. N’hésitez pas à partager mon récit et à l’enregistrer à l’aide des images ci-dessous sur Pinterest. 

À bientôt sur Wildroad ! 

Ce reportage sur le chemin de Stevenson a été réalisé en partenariat avec Lozère Tourisme. Je reste toutefois libre de choisir l’axe éditorial des articles publiés sur ce blog.

5 Commentaires

  1. Quel beau récit d’un itinéraire que l’on aimerait vraiment faire un jour en itinérance. Nous connaissons de nombreux sites que tu as découvert et nous partageons également ta passion pour ce beau département à la fois sauvage et préservé. Mention spéciale pour la photo de couverture de l’article que je trouve magnifique ! Belle immersion en tout cas !

  2. Super témoignage, ça donne envie d’y aller tout de suite ! J’ai prévu de le faire en septembre 2023 et vais revenir sur ton site pour retrouver des infos utiles 🙂

  3. Oh merci Clara pour cet article très détaillé ! J’ai ce projet en tête depuis quelques temps, je dois arrêter de le repousser. Je reconsulterai ton article pour préparer mon aventure. Quelles magnifiques photographies… je me suis sentie absolument catapultée dans les paysages, alors même que je suis sur mon canapé à Paris… Merci !

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